Accueil » Trouver une offre d’emploi et une promesse d’embauche pour un détenu
Décrocher un emploi ou une promesse d’embauche est souvent une étape déterminante pour un détenu : elle conditionne fréquemment l’obtention d’un aménagement de peine et prépare concrètement la réinsertion à la sortie. Pourtant, les démarches restent mal connues des personnes incarcérées comme de leurs proches. Ce guide détaille les dispositifs mobilisables (SPIP, France Travail Justice, entreprises partenaires) et propose un modèle de lettre de motivation pour un détenu en réinsertion.
Démarches pénitentiaires
Réalisez l’ensemble des démarches carcérales en ligne.
Un projet professionnel solide, matérialisé par une promesse d’embauche, pèse fortement dans l’examen d’une demande d’aménagement de peine (libération conditionnelle, placement à l’extérieur, semi-liberté, détention à domicile sous surveillance électronique). Le juge de l’application des peines (JAP) apprécie en effet la réalité et le sérieux du projet de sortie : un emploi qui attend le détenu à l’extérieur est l’un des gages les plus convaincants.
Au-delà de l’aménagement de peine, l’emploi joue un rôle central dans la lutte contre la récidive. Selon le ministère du Travail, le taux de nouvelle condamnation dans les cinq ans suivant la libération chute nettement lorsque la personne bénéficie d’un accompagnement vers l’emploi avant sa sortie.
Trouver un travail n’est donc pas seulement une formalité juridique : c’est le premier pas d’une réinsertion durable.
La promesse d’embauche est un document écrit par un employeur qui s’engage à recruter une personne à une date donnée, pour un poste, une rémunération et un type de contrat précisés. Pour être recevable dans un dossier d’aménagement de peine, elle doit en principe mentionner :
Un simple accord oral ne suffit pas : c’est bien un écrit signé qui sera versé au dossier transmis au juge de l’application des peines par l’intermédiaire du conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation.
Le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) est le point d’entrée de toute démarche de réinsertion professionnelle. Le conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP) qui suit le détenu peut l’orienter vers les dispositifs adaptés, l’aider à construire son projet et faire le lien avec les partenaires extérieurs, dont France Travail. C’est aussi le SPIP qui transmet ensuite le dossier au juge de l’application des peines.
Concrètement, la première démarche consiste à solliciter un entretien avec son conseiller SPIP pour lui faire part de son souhait de préparer sa sortie par l’emploi.
France Travail (ex-Pôle emploi) déploie des conseillers spécialisés Justice qui interviennent directement à l’intérieur des établissements pénitentiaires. Ces conseillers peuvent recevoir le détenu sur son lieu de détention pour l’inscrire à France Travail et l’accompagner dans son projet professionnel : emploi, formation, création d’entreprise ou insertion par l’activité économique.
Quelques points à connaître :
Depuis le 1er janvier 2025, le travail effectué en détention dans le cadre d’un contrat d’emploi pénitentiaire peut par ailleurs ouvrir des droits à l’allocation chômage à la sortie.
Plusieurs types d’employeurs recrutent spécifiquement des personnes placées sous main de justice :
Le conseiller France Travail Justice et le SPIP disposent d’un réseau d’employeurs locaux : c’est souvent par leur intermédiaire que se concrétise une offre.
De nombreuses associations accompagnent les détenus et les sortants de prison dans leur recherche d’emploi, parfois en lien avec des entreprises engagées. Le SPIP peut communiquer les coordonnées des structures actives dans la région de l’établissement.
La lettre de motivation d’un détenu doit rester sobre, sincère et tournée vers l’avenir. Il n’est pas obligatoire d’y détailler sa situation pénale ; mieux vaut mettre en avant sa motivation, ses compétences et son projet. Découvrez ci-dessous un modèle à adapter.
Objet : Candidature au poste de [intitulé du poste]
Madame, Monsieur,
Actuellement engagé(e) dans une démarche active de réinsertion professionnelle, je me permets de vous adresser ma candidature pour le poste de [intitulé du poste] au sein de votre entreprise.
Au cours des derniers mois, j'ai [suivi une formation / exercé une activité de travail / obtenu une qualification en …], ce qui m'a permis de développer [compétences concrètes : rigueur, travail en équipe, savoir-faire technique…]. Je souhaite aujourd'hui mettre ces compétences au service de votre structure et m'investir durablement dans un emploi.
Déterminé(e) à construire un avenir stable, je suis prêt(e) à m'engager pleinement et à faire preuve de sérieux et d'assiduité. Une prise de poste serait envisageable à compter du [date / dès l'obtention de mon aménagement de peine].
Je me tiens à votre disposition pour un entretien, selon les modalités qui vous conviendront. Je vous remercie de l'attention portée à ma candidature.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
Conseils de rédaction :
Les étapes permettant de transformer une candidature en promesse d’embauche :
Oui. Les personnes détenues volontaires peuvent être accompagnées par un conseiller France Travail Justice généralement dès 6 mois avant la date prévue de sortie, sur orientation du SPIP. Certaines démarches et candidatures peuvent donc être engagées pendant la détention, en amont d’un aménagement de peine.
Non. La promesse d’embauche est un élément important et souvent déterminant du dossier, mais la décision appartient au juge de l’application des peines, qui apprécie l’ensemble de la situation (nature de la peine, comportement, garanties de représentation, projet global de réinsertion).
Ce n’est pas une obligation. Il est souvent préférable de mettre en avant sa motivation, ses compétences et son projet. Le conseiller France Travail Justice peut aider à préparer la manière d’aborder le sujet si l’employeur pose la question en entretien.
C’est le SPIP qui centralise les pièces du dossier de réinsertion, dont la promesse d’embauche, et les transmet au juge de l’application des peines dans le cadre de la demande d’aménagement de peine.