Surmonter l’incarcération d’un proche

Comment surmonter l’incarcération d’un proche quand un fils, un frère ou un conjoint part en prison ? Pour le savoir, il faut écouter ceux qui l’ont vécu. Le 4 mai 2010, la vie de la famille B. bascule. Après plusieurs jours aux assises, le verdict tombe : Redouane, le fils aîné, est condamné à 8 ans de prison pour braquage à main armée. Ce jour-là, ce ne sont pas seulement ses années qui s’arrêtent, mais aussi le quotidien de sa mère, de sa sœur et de ses frères, qui vont devoir apprendre à vivre avec l’absence.

Voici leur histoire : comment une mère, une sœur et deux frères ont tenu, chacun à leur manière, pendant les années d’incarcération de Redouane. Un témoignage brut sur ce que traversent les proches de détenus et, en fin d’article, nos conseils concrets et les soutiens pour surmonter cette épreuve.

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Sommaire

Grand frère : un poste à hautes responsabilités

Redouane est l’aîné d’une fratrie de 4 frères et sœurs. Il est aussi le chef d’une famille qui trouve à sa tête Mounia, femme forte qui élève seule ses enfants depuis que son mari a subitement déserté son rôle de père. 20 ans plus tard, Mounia l’admet sans filtres, elle s’est beaucoup reposée sur Redouane à qui elle confiait des tâches qui n’étaient pas forcément adaptées à un jeune adolescent. Sévir auprès de ses jeunes frères et sœurs lorsqu’ils s’écartaient du droit chemin par exemple.

Quand la délinquance fait vivre une famille privée de père

Pour soulager sa mère qu’il voyait sans cesse courir après l’argent, Redouane s’est rapidement rapproché du milieu. À ce jeune homme qui a cessé trop tôt de fréquenter l’école, les grands confiaient quelques missions, comme transporter des armes d’un point A à un point B, livrer de la drogue ou encore commettre quelques cambriolages.

Braquage et procès d’assises

Appréhendé par la justice à plusieurs reprises sans conséquences grâce à son jeune âge, ce n’est qu’au cours de l’année 2009 que Redouane est invité à participer à son tout premier casse. Il n’a que 18 ans et il s’agira également du dernier. S’ensuivront 8 années de prison à la fin desquelles, ses proches ne seront plus jamais les mêmes.

2010 – Après la sentence 

Aux assises, ce jour-là, Redouane n’en mène pas large. Pour autant, il n’oublie pas les principes du milieu. « Prends tout sur tes épaules, ne dévoile aucun nom et surtout, garde en tête que depuis la prison, tu ne pourras plus protéger ta famille ». Malgré le fait qu’il soit conscient que sa condamnation n’en sera que plus lourde, Redouane garde le silence. Quand la sentence tombe, quand la justice annonce clairement les 8 ans requis contre lui, il ne peut s’empêcher de jeter un œil à sa mère, qui s’écroule au milieu du tribunal. C’est là, c’est maintenant, que l’enfer commence.

Le samedi, c’est parloir 

Tous les samedis, c’est la même histoire. Dans la petite Clio familiale, les deux frères de Redouane, sa sœur et Mounia se hâtent de prendre la route pour lui rendre visite au parloir. Incarcéré à la Talaudière en attendant son transfert vers un établissement pénitentiaire pour longues peines, il peut encore être visité chaque semaine par ses proches qui vivent à proximité.

Pendant le trajet, le fils aîné est prié d’appuyer sur l’accélérateur. Le coffre est rempli de vêtements propres, neufs et dernier cri pour réconforter Redouane privé de liberté. Mais à la maison, le frigo demeure désespérément vide depuis que les petits larcins du détenu ne l’alimentent plus. 

De l’argent sale pour cantiner

Car en plus de devoir gâter Redouane, Mounia doit chaque semaine lui virer de l’argent afin qu’il puisse cantiner. Sans son aide, son pauvre fils n’aurait pas accès à ses cigarettes ni à des aliments de qualité. À chaque parloir, il se plaint d’ailleurs de la gamelle, de la pauvre quantité des plats acheminés vers sa cellule, mais rassure toutefois ses proches : ici, il est bien vu, car il n’a pas parlé à la justice. Si le samedi, Redouane reçoit sa maman et sa sœur lors d’un premier parloir, ses deux frères eux, le rencontrent ensuite.

C’est ainsi que Redouane les guide, mois après mois, sur le chemin qui leur permettra non seulement de remplir le frigo à sa place, mais surtout de générer assez d’argent sale pour lui permettre de cantiner.  

Double peine pour la famille B.  

Elyes a toujours vu d’un mauvais œil les magouilles de son grand frère. Il s’est rapidement éloigné des parloirs, du chemin tout tracé prévu par Redouane et de sa famille, en prétextant devoir aller travailler à Paris. Mourad lui, est fiable. Élevé par l’aîné à qui il doit tout, il prend rapidement la décision de gérer les affaires de son frère depuis l’extérieur.

Branché en permanence avec celui qui est aussi son meilleur ami et qui lui manque terriblement grâce à un smartphone passé au parloir, il passe désormais ses journées à distribuer de la drogue, à réclamer son dû aux toxicomanes endettés et à élaborer de nouvelles manières de faire de l’argent avec son frère et ses proches peu recommandables.

Le frigo est de nouveau rempli, les loyers sont payés et Redouane peut cantiner grâce à l’argent sale envoyé par son frère. Mounia s’inquiète, mais n’a plus la force de pleurer puisqu’elle est désormais assommée par les médicaments. Le seul jour de la semaine où elle semble en vie, c’est le samedi. Jour où elle tient à s’apprêter pour visiter son fils.

Deux frères en prison

Au fil des mois, le manège des deux frères dont les téléphones sont surveillés par l’administration pénitentiaire et la justice est détecté. Après avoir cumulé assez de preuves contre Mourad, les autorités l’appréhendent un soir de juillet. Il est placé en garde à vue, prié d’expliquer la provenance de l’argent envoyé à son frère, déposé sur le compte en banque de la mère, puis l’inévitable se produit. Mourad est incarcéré à la maison d’arrêt de la Talaudière à Saint-Étienne, lui aussi.

Des années plus tard, il dira que c’était un mal nécessaire, car il ne supportait plus de vivre sans son frère. Redouane, lui, culpabilise. Parce qu’il sait que cette double peine va forcément impacter le quotidien de sa mère et de sa sœur, qui elles, sont désormais seules à l’extérieur. 

La honte et la haine 

À peine remise de l’annonce du placement en détention de son fils aîné, Mounia apprend que son petit dernier, lui aussi, est entre les mains de la justice. Effondrée, elle s’enfonce encore plus dans la dépression, vit dans le noir, prend des médicaments, toujours plus de médicaments et laisse la petite Sonia livrée à elle-même. Sonia a 13 ans, en pleine adolescence, elle passe depuis plusieurs années déjà tous ses samedis au parloir.

Choquée depuis l’annonce du placement en détention du frère avec lequel elle était si proche, elle s’enferme dans un mutisme et refuse de parler. Alors les semaines se succèdent, sans qu’elle ne puisse prononcer un mot. Présente en apparence, mais loin de tout, elle s’éloigne peu à peu des siens, mais se rapproche d’un milieu dangereux.

La drogue apaise sa douleur, lui fait oublier que sa mère n’est plus là. Puis privée de ses frères, elle apprivoise aussi la liberté. Lorsqu’ils étaient dehors, ces derniers lui interdisaient tout signe de féminité. Sonia plaît, Sonia sort, Sonia boit, se drogue, mais la honte et la haine ne s’effacent pas.

Comment vivre pendant l’incarcération d’un proche ?

Après une année d’incarcération, Mourad quitte enfin la Talaudière. Le cœur serré. Car il sait que partir, c’est être de nouveau privé de Redouane et cette fois-ci pendant 6 années. Au moment d’être libéré, il retarde le moment de fuir les coursives et de laisser son aîné seul. C’est à coup de pied au derrière que son grand frère le fera se hâter, non sans lui faire promettre de ne plus jamais revenir.

Désormais, la famille B n’est non pas au complet, mais quelque peu rassemblée. Mourad sorti, il reprend en main la situation malgré le fait qu’il ne soit lui-même pas tout à fait remis de sa période de détention. Pour être en mesure d’aider son frère et sa mère financièrement, il rejoint un travail de nuit à l’usine. Plus présent pour sa sœur, il se rend rapidement compte que son comportement a changé et réussit à l’apprivoiser. Sonia parle à nouveau, mais continue ses excès en cachette de son grand frère.

Après la prison, c’est encore la prison

Les 8 années de prison ont fini par passer. Les semaines se sont enchaînées, la famille B n’a jamais fui ni dérogé à ses engagements. Les parloirs, les virements, les attentions et les cadeaux n’ont pas manqué à Redouane au cours de son incarcération. Une fois sorti, il décide de s’installer avec son jeune frère pour rattraper le temps perdu.

Désormais, Redouane est adulte et conscient que ses jeunes années sont derrière lui. Les sorties en boîte de nuit, les petites amies, les vacances entre amis sont tant d’expériences qu’il n’aura jamais. Il doit réapprendre les codes, réapprendre la vie, trouver un emploi. Sauf qu’au grand dam de sa famille, depuis sa sortie, il reste enfermé dans sa chambre. Sa nouvelle cellule : « Après la prison, c’est encore la prison, parce que les barreaux sont dans ma tête ».

Lorsqu’on interroge Redouane au sujet de son expérience, il évoque les victimes avec beaucoup de respect, les personnes qui se tenaient au guichet de la banque, que tout jeune, il braquait. Il parle de sa famille, qu’il a vue détruite qu’il voit encore aujourd’hui épuisée puis il parle du sacrifice de son frère. Il ne se plaint pas, il rit même volontiers de quelques histoires et amitiés nouées en détention.

Peu à peu, il apprivoise la liberté, grâce au soutien sans failles de son frère et se tient désormais à mille lieues de ceux qui l’ont mené à sa perte. Mais Redouane a grandi en prison, et chaque nuit, les bruits des verrous de sa cellule, l’écho des coursives et le souvenir de la cour de promenade se rappellent à lui.

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2024- La peur de la récidive

Dès qu’elle reçoit un courrier de l’administration, Mounia tremble. Dès que son fils commet un excès de vitesse, elle a peur. La police, le tribunal, la justice sont pour elle des termes qu’elle souhaiterait oublier. En tant que mère poule, Mounia a peur de la récidive. Elle a peur aussi qu’un jour on s’en prenne à sa fille.

Alors elle veille à ce que personne ne fasse un pas de travers. Tous les jours, elle appelle les uns et les autres, elle questionne, elle contrôle. Si ses enfants rient de son comportement, car ils comprennent la peine qu’ils ont pu lui causer, ils ne peuvent parfois s’empêcher de l’engueuler. C’est alors Sonia, envoyée par sa mère, qui veille sur ses frères, mission qu’elle mène avec brio pour protéger les siens.

Les séquelles de l’incarcération de Redouane, puis de celle de Mourad se font encore ressentir. La prison, les deux femmes ne la connaissent que trop. Désormais, elles préfèrent se montrer trop suspicieuses que d’être à nouveau, elles aussi, condamnées à l’attente.

Sources : témoignage des membres de la famille B.

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Surmonter l’incarcération d’un proche : les soutiens concrets

L’histoire de la famille B. le montre : sans accompagnement, l’incarcération d’un proche peut détruire ceux qui restent dehors. Mounia, Sonia et Mourad ont traversé ces années seuls. Pourtant, des relais existent, souvent méconnus des familles au moment où elles en auraient le plus besoin.

Les maisons d’accueil des familles, aux portes des parloirs

À proximité de la plupart des établissements pénitentiaires, des associations bénévoles accueillent les proches avant le parloir. Regroupées au sein du réseau UFRAMA, on compte environ 148 maisons d’accueil en France, dont une vingtaine proposent un hébergement de nuit pour les familles qui viennent de loin.

Selon les lieux, vous y trouverez une salle d’attente, un café, la garde des enfants pendant la durée du parloir, parfois un accompagnement entre la gare et l’établissement. Surtout, vous y croiserez des bénévoles habitués au monde carcéral et d’autres familles vivant la même épreuve : un accueil sans jugement, confidentiel, qui brise l’isolement dès la première visite.

Parler, plutôt que s’isoler

La honte évoquée par Sonia est le sentiment le plus répandu chez les proches de détenus et le plus destructeur, car il pousse à se taire. Des groupes de parole dédiés aux familles de personnes incarcérées existent dans de nombreuses villes, souvent animés par des psychologues au sein des maisons d’accueil ou d’associations locales.

Si la dépression s’installe, comme ce fut le cas pour Mounia, consulter un médecin traitant ou un psychologue n’est pas un aveu de faiblesse : c’est ce qui permet de rester debout pour le détenu comme pour le reste de la famille. Les enfants, eux aussi, ont besoin d’un espace pour mettre des mots sur l’absence. Certaines associations spécialisées peuvent même accompagner un enfant au parloir lorsque le parent resté libre ne peut pas s’y rendre.

Rester un point d’ancrage pour votre proche

De l’autre côté du mur, votre proche vit dans l’attente de chaque signe de l’extérieur. Trois gestes pèsent plus que tous les autres, et aucun ne demande de moyens particuliers, seulement de la constance. Pour aller plus loin, notamment sur les mots à employer et les sujets à éviter, consultez notre guide pour remonter le moral à un détenu. 

Écrire régulièrement

Le courrier est le lien le plus précieux en détention : une lettre se relit, se garde, se partage. Racontez le quotidien, joignez des photos, donnez des nouvelles même banales. C’est la régularité qui remonte le moral, pas l’exceptionnel. Consultez notre guide pour envoyer une lettre à un détenu.

Être présent au parloir et au téléphone

Comme la famille B., chaque samedi, la constance des visites structure la semaine du détenu. Entre deux parloirs, les appels téléphoniques maintiennent le lien au quotidien.

Alimenter son pécule, sans se mettre en danger

Quelques dizaines d’euros par mois permettent de cantiner l’essentiel. Mais l’histoire de Mourad est un avertissement : aucun détenu ne mérite que ses proches basculent dans l’illégalité pour lui. Si la famille ne peut pas suivre financièrement, des dispositifs existent, comme le statut d’indigent, et se cotiser à plusieurs reste la solution la plus sûre.

Tenir dans la durée

Attendre quelqu’un en prison, c’est un marathon, pas un sprint. Fixez un rythme de visites et de courriers que vous pouvez tenir des années sans vous épuiser, préservez des moments de vie qui n’appartiennent qu’à vous et évitez les erreurs classiques des proches de détenus : téléphone passé au parloir, argent non déclaré, etc. qui transforment, comme pour la famille B., une peine en double peine.

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Votre proche vient d’être incarcéré : les démarches administratives à engager

Trois informations conditionnent toutes les démarches suivantes : le numéro d’écrou, l’établissement et le statut de la personne, prévenue ou condamnée.

Les trois informations à obtenir en premier

Le numéro d’écrou est l’identifiant de la personne détenue dans le système pénitentiaire. Sans lui, aucun courrier ne parvient à destination, aucun mandat n’aboutit, aucune demande de permis de visite n’est traitée. C’est la toute première chose à obtenir. Comment obtenir un numéro d’écrou.

L’établissement ensuite. Une personne en attente de jugement est en principe incarcérée en maison d’arrêt, souvent celle du ressort du tribunal saisi. Attention : une affectation initiale n’est pas définitive et un transfert peut intervenir sans que la famille en soit prévenue à l’avance. Coordonnées de tous les établissements.

Le statut. Une personne prévenue attend son jugement : c’est le magistrat chargé du dossier qui contrôle ses liens avec l’extérieur, y compris les permis de visite, et il peut les restreindre au nom de l’instruction. Une personne condamnée définitivement relève du chef d’établissement et du juge de l’application des peines. La même démarche ne s’adresse donc pas au même interlocuteur selon le statut.

Les démarches des quinze premiers jours

Démarche À qui s'adresser Quand
Obtenir le numéro d'écrou Greffe de l'établissement Immédiatement
Écrire une première lettre Aucune autorisation nécessaire Dès le premier jour
Demander un permis de visite Chef d'établissement si la personne est condamnée ; magistrat saisi du dossier si elle est prévenue Première semaine
Envoyer un premier virement Au nom et au numéro d'écrou de la personne Première semaine
Faire inscrire son numéro sur la liste d'appel Demande faite par la personne détenue depuis l'établissement Première ou deuxième semaine
Prendre contact avec le SPIP Service pénitentiaire d'insertion et de probation de l'établissement Deux premières semaines
Obtenir une procuration La personne détenue, via le greffe Deux premières semaines
Signaler l'incarcération aux organismes (bailleur, employeur, CAF, banque) Chaque organisme, muni de la procuration Deux premières semaines

Le permis de visite : comptez plusieurs semaines

C’est la démarche la plus attendue et la plus longue. Déposez la demande sans attendre, même si vous n’êtes pas certain de pouvoir vous déplacer souvent : le délai court à partir du dépôt, pas de votre disponibilité. Pour une personne prévenue, le magistrat instruit la demande et le délai s’allonge d’autant. Constituer une demande de permis de visite.

Gérer ce que votre proche laisse dehors

Loyer, contrat de travail, compte bancaire, dossier CAF, véhicule, courrier : tout continue de tourner à l’extérieur. Sans mandat écrit, vous n’avez aucun pouvoir sur ces dossiers, même en tant que parent ou conjoint, et les organismes vous opposeront un refus. La procuration établie par la personne détenue est donc l’un des premiers documents à obtenir, avant que les impayés ne s’accumulent. Obtenir une procuration d’un détenu.

Si votre fils est mineur

Un mineur incarcéré est placé en établissement pénitentiaire pour mineurs ou dans un quartier pour mineurs, jamais avec des majeurs. Un service de la protection

Image de Pauline Couley
Pauline Couley

Pauline met son expérience auprès des familles confrontées à la détention. Au fil de ses échanges avec les familles et de ses recherches sur les procédures pénitentiaires, elle s’est familiarisée avec les démarches généralement accompagnées par les avocats et les professionnels du droit. Chaque texte qu’elle rédige vise à rendre les démarches carcérales plus accessibles et compréhensibles. Profil Linkedin

Questions courantes au sujet de comment surmonter l’incarcération d’un proche

Lorsqu’on pose la question à Mounia, elle n’a pas la réponse. Elle se contente de dire qu’on survit à toutes les épreuves que l’on peut supporter, et que Dieu éprouve ceux qu’il aime. Sonia, elle, dit qu’il faut se montrer patient. Que seul le temps joue en notre faveur lorsqu’il s’agit de la prison. Qu’il faut patienter et attendre la libération,  pour pouvoir enfin ne plus vivre avec les contraintes de la détention. Se dire que le proche écroué est encore là, bien qu’il soit enfermé, que la situation n’est que provisoire, mais qu’il ne s’agit en aucun cas d’un deuil.

Lorsqu’un fils tombe en prison ou qu’un grand frère commet un crime, il peut être difficile de vivre avec le regard des autres. S’il peut parfois être pesant, il faut se rappeler que certaines personnes peuvent se montrer compréhensives, nous comprendre et nous aider et éviter ceux qui jugent. Après tout, le proche condamné a déjà été jugé.

Quand un membre de la famille entre en prison, les dépenses sont deux fois plus lourdes. Il faut non seulement continuer à payer seul le loyer, les courses et les factures, mais en plus envoyer de l’argent au détenu. Pour éviter de plonger dans le surendettement, demander de l’aide à la famille est important. Se cotiser chaque mois pour alimenter le pécule d’un détenu est une solution à envisager pour éviter davantage de problèmes financiers.

Apprendre qu’un proche sera incarcéré pour plusieurs années voire 10 ou 20 ans est une épreuve douloureuse. Les parents, frères et sœurs, conjoints et enfants peuvent parfois ressentir un certain vertige à l’annonce d’une longue peine de prison. Surmonter cette épreuve est une obligation pour la famille. Là encore, il convient de s’armer de patience, se rendre le plus fréquemment possible au parloir pour maintenir les liens familiaux et attendre avec espoir la libération.