Quelle tenue porter au parloir ? Vêtements autorisés et interdits

En plus de réaliser des démarches pour obtenir un permis de visite, réserver un parloir, d’avoir à vérifier plusieurs fois de suite que vous êtes bien muni d’une pièce d’identité pour accéder à votre première visite en prison, vous devez prendre en considération certaines règles liées votre tenue vestimentaire avant de vous déplacer. En effet, si vous souhaitez rendre visite à votre proche détenu lors d’un parloir ordinaire, vous devez vous conformer à certaines restrictions. Suivez nos conseils pour savoir comment il faut s’habiller pour une visite au parloir.

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Sommaire

Pourquoi est-ce important de prévoir quelle tenue porter avant de se rendre au parloir ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, prévoir, sa tenue pour rendre visite à un proche détenu au parloir n’a rien d’anodin. Si cette tâche paraît aisée après que vous soyez passé par des formalités administratives contraignantes pour obtenir un permis de visite et pour réserver votre tout premier parloir, le choix des vêtements que vous porterez pour accéder à la prison n’en est pas moins important.

En effet, si une tenue savamment sélectionnée peut vous ouvrir les portes du parloir en quelques secondes seulement, une erreur dans le choix de vos vêtements peut tout bonnement compromettre votre projet de visiter votre proche en détention.

Pour éviter une erreur vestimentaire pouvant compromettre votre visite en prison

Concernant le droit de visite des proches de détenus, l’administration pénitentiaire prévoit des règles strictes. Celles-ci visent à protéger la dignité des personnes écrouées, mais aussi à assurer la sécurité de tous. Par conséquent, si vous ne portez pas une tenue adaptée, le personnel se réserve le droit de vous refuser l’accès au parloir.

Pour que votre visite se déroule dans les meilleures conditions pendant toute la durée du parloir, pensez à étudier quelques jours avant le créneau réservé votre dressing pour trouver des vêtements solennels, confortables et compatibles avec votre séjour de quelques heures en milieu carcéral.

Ne pas faire sonner les portiques de sécurité

En fonction de la politique menée par l’établissement pénitentiaire, vous bénéficiez de plus ou moins de souplesse lorsque vous êtes accueilli aux portes des parloirs. Si certains surveillants se montrent compréhensifs quand un visiteur fait malencontreusement sonner les portiques de sécurité à cause d’une tenue vestimentaire inadaptée, d’autres lui refusent systématiquement l’accès.

Pour éviter un tel drame, nous vous conseillons de prendre en compte le fait que le choix de vos vêtements est important, notamment s’il s’agit de votre premier parloir et que vous n’êtes pas encore au fait du règlement de la prison détenant le membre de votre famille incarcéré.

Tenue pour parloir : conseils pratiques pour une visite en prison

Pour visiter votre proche détenu sans encombre, suivez nos conseils et découvrez ainsi les tenues autorisées et les vêtements à éviter à tout prix pour ne pas compromettre le bon déroulement de votre parloir.

Privilégiez des vêtements sobres et confortables aux tenues extravagantes

S’il peut être tentant de se mettre sur son 31 pour visiter un proche détenu, notamment lorsqu’il s’agit d’un conjoint, il est préférable d’oublier l’idée d’adopter une tenue extravagante. Préférez une tenue solennelle et portez des vêtements sobres pour que l’accès au parloir vous soit simplifié.

Abandonnez les jupes zippées, les boucles de ceintures en ferraille volumineuses et les jeans dont les boutons métalliques pourraient déclencher les portiques de sécurité au profit d’une paire de chaussures simples, d’une robe fluide ou d’un ensemble confortable pour que votre visite au parloir se déroule dans de bonnes conditions.

Habillez-vous de manière à respecter le règlement de l’établissement pénitentiaire

Le Code pénitentiaire fixe les règles à respecter par les détenus et leurs visiteurs. Les chefs d’établissements peuvent également contraindre les proches de personnes écrouées à respecter d’autres obligations lorsqu’ils se rendent à un parloir. Pour éviter de voir le créneau réservé vous passer sous le nez, nous vous conseillons :

  • De porter une tenue correcte.
  • D’éviter les couleurs rappelant celle des vêtements des surveillants ou des autorités (tenues kaki ou bleu marine).
  • D’éviter les vêtements et chaussures susceptibles de déclencher les portiques de sécurité.

Si vous apportez du linge à un détenu à l’occasion du parloir, veillez également à respecter la liste des affaires autorisées, propre à chaque établissement pénitentiaire.

Collants, soutien-gorge à armature, leggings : les cas qui posent problème

Les vêtements posant réellement problème au parloir ne sont pas ceux que l’on imagine : ce sont les sous-vêtements et accessoires métalliques qui déclenchent le portique détecteur de métaux et vous obligent à les retirer sur place. Aucun texte n’interdit une pièce vestimentaire précise, mais l’article R. 341-11 du Code pénitentiaire soumet les visiteurs « aux mesures de contrôle jugées nécessaires » par le chef d’établissement.

En pratique, cela signifie le passage sous portique, complété si besoin par un détecteur manuel et l’obligation de retirer ce qui fait sonner, faute de quoi l’accès au parloir vous est refusé.

Le soutien-gorge à armature : le cas le plus fréquent

C’est de loin la première cause de déclenchement du portique chez les visiteuses. Les armatures métalliques suffisent à faire sonner l’appareil. Le personnel pénitentiaire vous demandera alors de retirer le sous-vêtement, parfois sans local dédié permettant de le faire à l’abri des regards.

L’Observatoire international des prisons (OIP) a documenté cette pratique dans plusieurs établissements d’Île-de-France, en soulignant l’atteinte à la dignité qu’elle représente.

La solution : portez une brassière de sport, un soutien-gorge sans armature ou un modèle à armatures en plastique. Ces trois options passent le portique sans difficulté.

Les collants et bas : autorisés, mais attention aux détails

Les collants et les bas ne sont interdits par aucun règlement pénitentiaire et ne déclenchent pas le portique : la matière est textile. Deux points de vigilance toutefois. D’une part, les bas autofixants ou maintenus par un porte-jarretelles comportent parfois des agrafes métalliques susceptibles de sonner.

D’autre part, un bas qui glisse ou qu’il faut rajuster pendant le contrôle peut donner lieu à des demandes de vérification supplémentaires de la part du personnel.

Le conseil : privilégiez un collant classique, en bon état, sans agrafe ni élément métallique. Si vous portez une jupe ou une robe, vérifiez avant de partir que le maintien est correct.

Leggings, joggings et vêtements moulants

Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas l’ampleur du vêtement qui pose problème mais son opacité au contrôle. Un legging ou un jogging ne déclenche pas le portique et ne dissimule rien : ces tenues sont donc généralement bien acceptées, sous réserve du règlement intérieur propre à chaque établissement.

Ce sont plutôt les vêtements très amples, à poches multiples ou les tenues jugées provocantes qui exposent à un refus d’accès, le chef d’établissement pouvant refuser une tenue susceptible de troubler le bon ordre du parloir.

À retenir : un legging uni avec un haut couvrant ou un jogging sobre sans fermeture éclair métallique, constitue une tenue sans risque. Évitez en revanche les survêtements à multiples poches zippées, longs à contrôler.

Les autres pièces qui font sonner le portique

  • Pinces et barrettes à cheveux : souvent oubliées, elles sonnent systématiquement. Optez pour un élastique.
  • Extensions capillaires : les attaches métalliques de certains modèles déclenchent le détecteur.
  • Fermetures éclair et boutons métalliques : un jean à rivets ou une veste à zip épais peuvent suffire.
  • Chaussures à bout ou tige métallique : chaussures de sécurité, bottines à œillets, talons à armature. Préférez des baskets ou des chaussures plates sans métal.
  • Ceinture à boucle volumineuse : à retirer avant le passage ou à laisser à la maison.
  • Piercings et bijoux volumineux : les bijoux discrets passent en général, les pièces épaisses non.

Un point souvent ignoré : si vous portez une prothèse ou un dispositif médical métallique (broche, plaque, pacemaker, stérilet en cuivre), présentez-vous avec un justificatif médical. Cela évite un contrôle prolongé et une éventuelle demande de retrait impossible à satisfaire.

Que se passe-t-il si le portique sonne malgré tout ?

Le portique qui sonne ne signifie pas un refus immédiat. Le personnel vous demandera de retirer les éléments en cause et de repasser sous le détecteur.

Vous pouvez recommencer plusieurs fois, mais si le portique continue de sonner après plusieurs tentatives, l’accès au parloir peut vous être refusé pour la séance. Vous ne pouvez pas être contraint par la force de retirer un vêtement, mais le refus de le faire équivaut en pratique à renoncer à la visite.

Pour préparer sereinement cette étape, consultez notre guide dédié : anticiper votre passage au portique de sécurité du parloir.

Tableau récapitulatif : ce que vous pouvez porter au parloir

Statuts indicatifs. Chaque établissement pénitentiaire applique son propre règlement intérieur : renseignez-vous auprès de l'accueil des familles avant votre premier parloir.
Vêtement ou accessoire Statut Pourquoi Alternative conseillée
Soutien-gorge à armature métallique À éviter Déclenche le portique dans la majorité des cas. Vous devrez le retirer sur place, parfois sans local dédié. Brassière de sport, modèle sans armature ou à armature plastique.
Collants et bas classiques Autorisé Matière textile, aucun métal détecté par le portique. Vérifier l'absence d'agrafes sur les bas autofixants ou porte-jarretelles.
Legging, jogging sobre Autorisé Ne dissimule rien et ne sonne pas. Bien accepté dans la plupart des établissements. Éviter les survêtements à poches zippées multiples, longs à contrôler.
Jean à rivets et boutons métalliques Toléré Peut faire sonner selon la sensibilité du portique, variable d'un établissement à l'autre. Pantalon en toile, chino ou jean à fermeture discrète.
Ceinture à boucle volumineuse À éviter Cause classique de déclenchement. Devra être retirée avant le passage. Pantalon à taille ajustée, ou ceinture à boucle plastique.
Chaussures à bout ou tige métallique À éviter Chaussures de sécurité, bottines à œillets, talons à armature : détection quasi systématique. Baskets, chaussures plates sans élément métallique.
Bijoux discrets (alliance, montre, boucles fines) Toléré La faible quantité de métal passe généralement inaperçue, mais le risque existe. Les laisser dans le casier de l'accueil, surtout pour un premier parloir.
Bijoux volumineux, piercings apparents À éviter Déclenchent le détecteur et allongent le contrôle. Retirer avant l'arrivée à l'établissement.
Pinces et barrettes à cheveux À éviter Souvent oubliées, elles sonnent systématiquement. Élastique en tissu, sans partie métallique.
Extensions capillaires Toléré Certains modèles comportent des attaches métalliques détectables. Vérifier le type d'attache avant le parloir.
Vêtements très amples à poches multiples À éviter Susceptibles de dissimuler des objets interdits, longs à contrôler. Motif fréquent de refus. Tenue ajustée sans être moulante, poches vides et accessibles.
Tenue jugée provocante À éviter Le chef d'établissement peut refuser l'accès pour trouble au bon ordre du parloir. Tenue sobre et couvrante, adaptée au contexte.
Couleurs kaki ou bleu marine unies Toléré Peuvent rappeler les tenues des surveillants ou des forces de l'ordre. Restriction appliquée dans certains établissements seulement. Se renseigner auprès de l'accueil des familles en cas de doute.
Casquette, chapeau, capuche Toléré Devront être retirés lors du contrôle d'identité et du passage sous portique. Prévoir de les retirer dès l'entrée dans le sas.
Manteau et veste Toléré À retirer pour le contrôle. Souvent à laisser en consigne selon l'établissement. Prévoir une couche intermédiaire chaude si le parloir est peu chauffé.
Sac à main et effets personnels À éviter Interdits dans la majorité des parloirs. Téléphone strictement prohibé. Casier sécurisé à l'accueil des familles, ou laisser dans le véhicule.
Prothèse ou dispositif médical métallique Autorisé Broche, plaque, pacemaker, stérilet : la détection est inévitable mais le retrait impossible. Se munir d'un justificatif médical à présenter au personnel.
homme s'habillant pour aller au parloir

Les tenues vestimentaires à éviter

Si les tenues à privilégier sont celles qui sont confortables, adaptées à une visite au parloir et non extravagantes, celles qui doivent à tout prix être évitées pour accéder à la prison sont les suivantes.

Les vêtements trop amples susceptibles de cacher des objets interdits

Les vêtements trop larges, susceptibles de receler des objets interdits ou des substances illicites doivent être évités. De même, les tenues comprenant de nombreuses poches sont par conséquent longues à contrôler par le personnel pénitentiaire sont interdites.

Si certains surveillants prennent le temps de procéder aux fouilles de sécurité, d’autres se contenteront de vous refuser l’accès au parloir si vous optez pour de tels habits.

Les accessoires et chaussures susceptibles de déclencher les portiques de sécurité

Les accessoires et chaussures doivent faire l’objet de vérifications également lorsque vous envisagez de rendre visite à un détenu au parloir. Pour ne pas affoler les détecteurs de métaux, évitez les soutien-gorge à armature en ferraille, les boucles de ceinture volumineuses et métalliques ainsi que les chaussures dont le talon ou la pointe risque de déclencher les appareils de sécurité.

Les tenues provocantes

Les tenues provocantes, susceptibles de troubler le bon ordre dans les parloirs de l’établissement pénitentiaire sont elles aussi interdites. Lorsque vous entrez au sein de la prison, le personnel pénitentiaire étudie avec attention votre tenue. Si les surveillants jugent qu’elle est inadaptée et ne respecte pas le règlement, vous serez priés de quitter les lieux sans avoir rendu visite à votre proche détenu et risquez en prime de voir votre permis de visite suspendu.

Faut-il s’habiller différemment pour une UVF ou un parloir familial ?

Oui, mais pas au moment de l’entrée. Le contrôle de sécurité à l’arrivée est identique pour tous les types de visite : passage sous portique, mêmes contraintes vestimentaires, mêmes risques de refus. La différence apparaît une fois la porte franchie. En unité de vie familiale (UVF) comme en salon familial, vous restez plusieurs heures, voire plusieurs jours, dans un espace fermé où votre tenue de contrôle devient votre tenue de séjour.

À l’entrée : aucune différence avec un parloir ordinaire

Ne comptez pas sur un assouplissement des règles parce que la visite est plus longue ou plus intime. Le soutien-gorge à armature fera sonner le portique de la même manière, les chaussures à bout métallique aussi, et un refus d’accès reste possible. Pour une UVF, la sanction est même plus lourde : une visite annulée pour tenue non conforme représente la perte d’un créneau souvent attendu plusieurs mois et les UVF ne peuvent généralement avoir lieu qu’une fois par trimestre selon les possibilités de l’établissement.

La règle : appliquez exactement les mêmes précautions que pour un parloir ordinaire à l’arrivée. Rien de métallique sur vous, rien d’ample, pas d’accessoire superflu.

Pendant la visite : anticipez la durée

C’est là que la préparation change. Un parloir ordinaire dure de 30 minutes en maison d’arrêt à 3 heures en centre de détention. Un salon familial peut aller jusqu’à 6 heures, et une UVF jusqu’à 72 heures. Sur ces durées, une tenue simplement « conforme » ne suffit plus : elle doit être confortable.

  • Prévoyez des couches. Les UVF et salons familiaux ne sont pas toujours bien chauffés et la température varie selon les heures. Un gilet ou un pull ajoutable vaut mieux qu’un vêtement épais que vous ne pourrez pas retirer.
  • Pensez aux chaussures. Vous les garderez tout du long dans un salon familial. Privilégiez le confort, sans élément métallique.

UVF : ce que vous pouvez emporter comme vêtements de rechange

Pour un séjour de 24 à 72 heures en unité de vie familiale, vous êtes autorisé à emporter des affaires personnelles, dont des vêtements de rechange. C’est la principale différence pratique avec un parloir ordinaire, où vous entrez sans effets personnels.

Le contenu du sac est contrôlé à l’arrivée et chaque établissement fixe sa propre liste. Quelques principes constants :

  • Un nécessaire de rechange proportionné à la durée du séjour, pas davantage.
  • Des vêtements neutres, sans logo ni inscription susceptibles de poser problème.
  • Pas de vêtements de couleur kaki ou bleu marine unie dans certains établissements, pour éviter la confusion avec les tenues du personnel.
  • Les produits d’hygiène et cosmétiques sont contrôlés séparément et souvent limités.

Point essentiel : demandez la liste exacte à l’établissement ou à l’accueil des familles lors de la confirmation du créneau. Ne vous fiez pas à ce qui a été accepté dans une autre prison.

Pour tout savoir sur le fonctionnement de ce dispositif, consultez notre page consacrée aux salons familiaux en prison.

Les surveillants pénitentiaires vérifient-ils les tenues des visiteurs ?

Si les surveillants de l’établissement pénitentiaire où se trouve votre proche écroué ne sont pas mandatés pour juger les tenues vestimentaires des visiteurs, ils doivent tout de même s’assurer de leur conformité. La manière de vous habiller pour visiter le membre de votre famille au parloir n’est donc pas à prendre à la légère. Le choix de vos vêtements impacte le bon déroulement de la procédure précédant votre entrée au sein de la prison.

Le personnel pénitentiaire habilité à vous faire retirer certains accessoires

Si votre ceinture, vos chaussures ou votre soutien-gorge font se déclencher les portiques de sécurité, le personnel pénitentiaire est en droit de vous faire retirer vos accessoires. Si vous ne pouvez être contraint par la force de retirer vos vêtements, vous pouvez être privé d’accès au parloir si vous ne les quittez pas.

Tenue inadaptée

Si votre tenue est provocante, beaucoup trop ample et susceptible de cacher des objets interdits, le personnel pénitentiaire est libre de vous refuser l’accès au parloir. De même, si vous déclenchez le portique de sécurité à trois reprises, il est possible que les surveillants vous invitent à quitter les lieux, et ce, sans avoir pu visiter votre proche détenu.

Peut-on porter des bijoux au parloir ?

Si les montres, bagues, bracelets et boucles d’oreilles discrètes sont autorisés au parloir, il est préférable d’éviter de porter des accessoires lorsque vous rendez visite à un proche détenu. En temps normal, les portiques de sécurité ne détectent pas les faibles quantités de métal contenu par ce type de bijoux.

Néanmoins, les porter le jour de votre premier parloir représente un risque inutile de voir votre visite être compromise. En plus de choisir une tenue adaptée pour rendre visite à votre proche en prison, pensez à apporter les documents obligatoires pour accéder au parloir.

femme hésitant entre deux tenues pour aller au parloir

Tenue pour un premier parloir : la checklist

Un premier parloir se prépare la veille, pas le matin même. Voici les vérifications à faire avant de partir, dans l'ordre : ce que vous portez, ce que vous retirez, ce que vous laissez à l'accueil. Cette liste couvre uniquement la dimension vestimentaire. Les documents à présenter et la réservation du créneau font l'objet de démarches distinctes.

La veille : préparer la tenue

  • Choisir un soutien-gorge sans armature, à armature plastique, ou une brassière de sport.
  • Sélectionner un pantalon ou une jupe sans rivets ni boutons métalliques apparents.
  • Prévoir des chaussures plates, sans bout ni tige métallique.
  • Écarter les vêtements très amples, à poches multiples, ou jugés provocants.
  • Éviter le kaki et le bleu marine uni, qui rappellent les tenues du personnel dans certains établissements.
  • Vérifier l'état des collants ou bas : pas d'agrafe, bon maintien.
  • Prévoir une couche supplémentaire si le parloir dure plus d'une heure.

Essayez la tenue complète la veille. Une pièce qui semble anodine sur un cintre peut poser problème une fois portée.

Avant de partir : ce qu'on retire

  • Retirer ceinture à boucle métallique volumineuse.
  • Retirer pinces, barrettes et accessoires à cheveux métalliques — remplacer par un élastique en tissu.
  • Retirer bijoux volumineux et piercings apparents.
  • Vider entièrement les poches : chewing-gum, monnaie, clés, papiers, médicaments.
  • Laisser le téléphone portable dans le véhicule ou prévoir de le déposer en casier.

Les poches oubliées sont la première cause de retard au contrôle. Un emballage de chewing-gum suffit à faire sonner certains portiques.

Cas particuliers à anticiper

  • Prothèse, broche, plaque, pacemaker ou stérilet : se munir d'un justificatif médical.
  • Extensions capillaires : vérifier le type d'attache avant le départ.
  • Visite avec un enfant en bas âge : se renseigner en amont sur les objets tolérés (biberon, poussette, sac à langer).
  • Port du voile ou d'un couvre-chef religieux : anticiper une demande de retrait temporaire lors du contrôle d'identité.

Sur place : les bons réflexes

  • Arriver 30 à 45 minutes avant le créneau réservé.
  • Déposer sac à main, téléphone et clés dans les casiers de l'accueil des familles.
  • Retirer manteau, veste et couvre-chef dès l'entrée dans le sas.
  • Signaler spontanément tout dispositif médical métallique au personnel.
  • Si le portique sonne : retirer l'élément en cause et repasser, sans discussion.

Les associations d'accueil des familles présentes devant la plupart des établissements peuvent répondre à vos questions et gardent parfois vos effets personnels.

Une fois la question de la tenue réglée, vérifiez les deux autres points indispensables : les documents demandés pour visiter un détenu et le fonctionnement du passage au portique de sécurité.

Ce que dit la loi sur la tenue des visiteurs au parloir

Aucun texte national n'impose de tenue vestimentaire précise aux visiteurs. Les contraintes que vous rencontrerez découlent de trois sources : le Code pénitentiaire, le règlement intérieur de chaque établissement, et l'appréciation du personnel de surveillance sur place.

Article R. 341-11 du Code pénitentiaire
Pour des motifs liés au maintien du bon ordre, à la sécurité ou à la prévention des infractions, l'accès au parloir est subordonné aux mesures de contrôle jugées nécessaires à l'égard des visiteurs. C'est le fondement du passage sous portique et du recours au détecteur manuel.
Article R. 341-12 du Code pénitentiaire
Durant les visites, les attitudes et comportements indécents sont interdits, sous peine d'interruption du parloir. Cette disposition est celle qui permet au personnel d'apprécier le caractère inadapté d'une tenue.
Article R. 341-14 du Code pénitentiaire
Le personnel de surveillance peut mettre un terme à la visite pour des raisons tenant au maintien du bon ordre et de la sécurité. Les incidents mettant en cause les visiteurs sont signalés à l'autorité ayant délivré le permis, qui apprécie s'il doit être suspendu ou retiré.
Règlement intérieur de l'établissement
Chaque prison complète ces règles par des dispositions propres : couleurs proscrites, objets tolérés, modalités de dépôt des effets personnels. C'est ce qui explique les différences de pratique d'un établissement à l'autre.

Sources : Code pénitentiaire, Section 3 — Déroulement des visites et parloirs (art. R. 341-11 à R. 341-16), Légifrance — Observatoire international des prisons, « À chaque parloir son règlement »

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Pauline Couley

Pauline met son expérience auprès des familles confrontées à la détention. Au fil de ses échanges avec les familles et de ses recherches sur les procédures pénitentiaires, elle s’est familiarisée avec les démarches généralement accompagnées par les avocats et les professionnels du droit. Chaque texte qu’elle rédige vise à rendre les démarches carcérales plus accessibles et compréhensibles. Profil Linkedin

Questions fréquentes au sujet des tenues à privilégier pour une visite au parloir

Si certains établissements pénitentiaires autorisent les visiteurs à entrer au parloir avec un sac à main contrôlé au préalable, il est préférable de vous présenter aux surveillants sans effets personnels. Ainsi, vous optimisez vos chances d’entrer au parloir sans risquer de déclencher les portiques de sécurité et vous gagnez du temps au moment d’être contrôlé par le personnel de la prison.

Non, le téléphone portable est strictement interdit lors d’une visite au parloir. Avant de rencontrer votre proche en prison, veillez à laisser votre smartphone dans votre voiture ou dans les endroits réservés aux effets personnels des familles de détenus, à l’accueil des prisons.

À l’accueil des établissements pénitentiaires, des associations qui œuvrent en faveur des proches de détenus mettent à leur disposition des casiers sécurisés au sein desquels ces derniers peuvent laisser leurs effets personnels le temps de leur visite au parloir. Laissez votre sac à main, votre téléphone portable et vos clés dans ces casiers pour éviter de voir l’accès à la prison vous être refusé.

Si vous ne vous habillez pas selon les règles de l’établissement pénitentiaire à l’occasion de votre visite au parloir, vous risquez d’être invité à quitter les lieux. Si votre tenue vestimentaire est régulièrement inadaptée, vous risquez de voir votre permis de visite être suspendu ou vous être retiré.

Oui, un jogging est autorisé au parloir dans la grande majorité des établissements pénitentiaires. Aucun texte n’interdit ce type de vêtement et il présente l’avantage d’être confortable.

Deux réserves toutefois : évitez les modèles à multiples poches zippées, longs à contrôler par le personnel, ainsi que les fermetures éclair métalliques susceptibles de déclencher le portique.

Un jogging uni, sans logo imposant et sans élément métallique, ne posera aucune difficulté. Écartez en revanche les teintes kaki et bleu marine unies, qui rappellent les tenues du personnel dans certains établissements.

Oui, dans la majorité des cas. Les armatures métalliques suffisent à déclencher le détecteur, et le personnel pénitentiaire vous demandera alors de retirer le sous-vêtement avant de repasser sous le portique.

Non, votre manteau devra être retiré lors du contrôle de sécurité et la plupart des établissements demandent à le laisser en consigne ou dans les casiers de l’accueil des familles plutôt que de l’emporter dans la salle de visite. Cette règle vise à limiter les possibilités de dissimulation d’objets interdits.

Concrètement, prévoyez une couche intermédiaire chaude (gilet, pull, sweat) sous votre manteau, car les parloirs ne sont pas toujours bien chauffés et vous resterez sans votre vêtement d’extérieur pendant toute la durée de la visite.

Videz également les poches avant votre arrivée : un ticket, une pièce de monnaie ou un emballage oublié suffit à ralentir le contrôle.

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