Parloirs : que peut-on apporter à un détenu ?

Rendre visite à un détenu au sein d’un établissement pénitentiaire est l’occasion de lui apporter des effets personnels. En détention, il n’est pas toujours facile d’accéder à des vêtements, du linge ou encore à des livres. Apporter des affaires à un proche incarcéré lors d’un parloir est donc source de joie pour ce dernier, à condition de respecter la liste des objets autorisés par le règlement de chaque prison.

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Sommaire

Que peut-on apporter à un détenu à l’occasion d’un parloir ?

En France, les établissements pénitentiaires ont leurs propres règles concernant la délivrance d’effets personnels par les visiteurs à l’occasion d’un parloir avec une personne incarcérée. Si les quantités sont susceptibles de varier, la liste des affaires pouvant être apportées par des proches de détenus au membre de leur famille écroué est généralement assez similaire d’une maison d’arrêt à un autre centre de détention. Nous avons listé sur cette page ce que vous pouvez apporter à un détenu lors d’une visite en prison.

Vêtements et linge de toilette

Les parloirs sont souvent l’occasion pour les familles de détenus d’apporter du linge propre et de récupérer le linge sale de la semaine. Il faut savoir que la majeure partie des personnes incarcérées recevant des visites hebdomadaires préfèrent confier leurs vêtements à leur famille plutôt que de le faire laver à l’intérieur de l’établissement pénitentiaire.

Chaque semaine, les proches de détenus peuvent apporter des vêtements, dès lors qu’ils respectent le règlement de la prison. Certaines couleurs, matières ou inscriptions sont effectivement interdites au sein des établissements pénitentiaires. Lorsque vous recevez votre droit de visite ou lors de votre première visite, demandez à consulter la liste de linge auprès de l’association des familles ou à l’accueil de la prison.

Livres et revues

Les revues, livres, manuels scolaires et autres dictionnaires sont également autorisés en quantité raisonnable aux parloirs. Les couvertures des livres doivent être souples, pour des raisons de sécurité.

Pour passer le temps, se cultiver ou encore préparer sa réinsertion en se formant, les personnes écrouées peuvent ainsi lire et s’informer sur les sujets leur tenant à cœur.

Photos et dessins d’enfants

Les photos de famille, dessins d’enfants et autres petits objets confectionnés par les petits pour leur parent écroué peuvent être acceptés aux parloirs. Là encore, il convient de respecter les règles concernant les quantités.

Pour garder des souvenirs des membres de leur famille en cellule, les détenus aiment recevoir ces objets d’une grande valeur sentimentale.

DVD, CD et jeux vidéo

La télévision, la musique et les jeux vidéo sont très prisés par les détenus, passant la majeure partie de leur temps en cellule. Pour s’occuper, les prisonniers entament volontiers une série, écoutent leurs chanteurs favoris ou jouent à la console. Pour leur permettre de renouveler leurs collections, leurs proches peuvent leur apporter de nouveaux DVD, CD et jeux à l’occasion d’un parloir.

Ces produits doivent être neufs et sous blisters. La preuve d’achat doit être placée dans le sac apporté par la famille.

Tout DVD ou CD gravé sera refusé par les surveillants pénitentiaires.

Appareils médicaux

Après avoir obtenu l’accord de l’unité sanitaire, les détenus peuvent se voir remettre par leurs proches de petits appareils médicaux lors d’un parloir. Les appareils auditifs, dentaires ou autres petits dispositifs visant à améliorer la santé des personnes écrouées peuvent transiter par les parloirs, dès lors que le corps médical de la prison l’autorise.

Le sac de parloir : quel sac utiliser et quelle feuille y joindre ?

Les affaires destinées à une personne détenue doivent être déposées dans un sac cabas en plastique souple, de type sac de courses. Une feuille A4 mentionnant le nom, le prénom et le numéro d'écrou du détenu, ainsi que la liste des objets déposés, doit être placée à l'intérieur du sac.

Quel sac utiliser et où se le procurer ?

Il n'y a aucun sac spécifique à acheter. Un cabas de supermarché convient et c'est même le seul contenant systématiquement accepté. Certaines maisons d'accueil des familles en mettent gratuitement à disposition sur place, avant le parloir : renseignez-vous auprès des bénévoles lors de votre première visite.

Le contenant compte autant que le contenu. Un sac non conforme est refusé à l'entrée même si tout ce qu'il contient est autorisé.

AcceptéRefusé
Sac cabas en plastique souple, type sac de courses Valise, sac de voyage, sac à roulettes
Sac plastique transparent, souvent préféré Sac à dos, sac de sport
Cabas fourni par l'accueil des familles Sac en cuir ou simili cuir
Sac en toile souple, dans certains établissements Sac fermé par un cadenas, un zip bloqué ou un nœud serré

Ces règles ne relèvent pas d'un texte national : chaque établissement les fixe dans son règlement intérieur. Elles sont très proches d'une prison à l'autre, mais les exceptions existent, notamment sur la toile et sur la transparence exigée du sac.

La feuille d'inventaire à joindre au sac

C'est l'oubli le plus fréquent et il suffit à faire refuser un dépôt. Le sac doit contenir une feuille libre au format A4, lisible, listant son contenu. Elle permet aux surveillants de contrôler le dépôt sans avoir à vous rappeler et à la personne détenue de vérifier ce qu'elle reçoit.

Certains établissements imposent leur propre fiche d'inventaire, à retirer à l'accueil des familles ou à télécharger sur leur page. À défaut, une feuille manuscrite reprenant le modèle ci-dessous est acceptée partout.

Modèle de feuille d'inventaire à glisser dans le sac
NOM et PRÉNOM du détenu : [à compléter]
NUMÉRO D'ÉCROU : [à compléter]
BÂTIMENT / CELLULE (si connu) : [à compléter]
DATE DU DÉPÔT : [à compléter]
DÉPOSÉ PAR : [votre nom et prénom]

CONTENU DU SAC
— 3 tee-shirts
— 2 pantalons de survêtement
— 5 paires de chaussettes
— 5 sous-vêtements
— 1 serviette de toilette
— [compléter ligne par ligne, avec les quantités]

Deux règles simples : une ligne par type d'article, avec la quantité, et pas de mention vague du type « divers » ou « affaires ». Un inventaire imprécis rallonge le contrôle et peut motiver un refus.

Déposer un sac sans permis de visite

Lorsqu'un proche vient d'être incarcéré, la famille n'a pas encore de permis de visite mais elle peut malgré tout déposer un sac de vêtements. L'échange de linge en prison s'effectue à l'accueil des familles ou à la porte d'entrée principale de l'établissement, sans entrer en détention et sans rencontrer la personne détenue.

  • Les horaires de dépôt sans permis sont spécifiques et souvent réduits à quelques créneaux hebdomadaires, distincts de ceux des parloirs.
  • Plusieurs établissements limitent ce dépôt aux premiers jours suivant l'incarcération, parfois à un dépôt unique.
  • Les mêmes règles de contenant et d'inventaire s'appliquent.
Vérifiez les horaires avant de vous déplacer Les créneaux de dépôt varient fortement d'un établissement à l'autre et changent régulièrement. Consultez la fiche de l'établissement où votre proche est incarcéré, ou appelez le standard avant de faire le trajet : un dépôt hors créneau est refusé sans exception.

Peut-on apporter de la nourriture à un détenu au parloir ?

Non, les denrées alimentaires sont strictement interdites aux parloirs des établissements pénitentiaires français. Cette règle s’applique à tous les types d’aliments, qu’il s’agisse de repas faits maison, de friandises, de bonbons, de fruits ou de produits emballés du commerce.

Cette interdiction est encadrée par l’arrêté du 23 janvier 2023 et vise à prévenir l’introduction de substances illicites dissimulées dans des aliments.

La seule exception : le colis de fin d’année

Une fois par an, à l’approche des fêtes de fin d’année, les établissements pénitentiaires autorisent exceptionnellement les familles à adresser à leur proche un colis alimentaire. Ce colis de Noël est strictement encadré : les produits autorisés, les quantités et les modalités d’envoi varient selon les prisons.

Comment faire parvenir de la nourriture à un détenu autrement ?

Si vous souhaitez améliorer le quotidien alimentaire de votre proche en prison, la seule solution légale est de lui envoyer de l’argent sur son compte nominatif personnel (son pécule). Le prisonnier pourra alors utiliser ces fonds pour cantiner, c’est-à-dire commander des denrées alimentaires, des produits frais ou des boissons auprès du système de vente interne à l’établissement pénitentiaire.

pile de DVD

À quelle fréquence peut-on apporter des affaires à un détenu ?

Les parloirs donnent lieu à la délivrance d’affaires à un détenu et à la prise en charge de son linge. Les proches peuvent apporter des objets, dessins, vêtements et DVD à l’occasion d’un parloir. Certains établissements pénitentiaires français n’autorisent qu’un seul échange de linge par semaine.

Il convient effectivement de se limiter lorsqu’on apporte des affaires à une personne incarcérée à l’occasion d’un parloir. S’il peut être tentant d’amener un maximum d’effets personnels pour soutenir matériellement un proche écroué, vous devez respecter les limites propres à chaque établissement pénitentiaire. Sollicitez la liste des objets autorisés pour connaître les quantités légales.

Contrôle des affaires apportées à un détenu lors d’un parloir

Lorsque vous déposez le sac d’affaires apporté à votre proche détenu à l’occasion d’un parloir, les surveillants pénitentiaires présents sur place le réceptionnent et vérifient qu’il ne contient que des effets personnels autorisés mentionnés sur la liste placée dans le sac.

Si vous ne respectez pas le règlement intérieur de l’établissement pénitentiaire et que des objets interdits s’y trouvent, ils ne seront en aucun cas autorisés à entrer en détention.

Quels sont les objets interdits aux parloirs ?

Si les familles de détenus peuvent apporter certaines affaires à leur proche incarcéré, d’autres objets et effets personnels sont quant à eux strictement interdits. C’est notamment le cas des vêtements dont les couleurs se rapprochent de celles portées par les autorités (kaki ou bleu marine), des vêtements à capuche ou cagoules, des vêtements en cuir ou en simili et des chaussures comportant des éléments métalliques.

Les chaussures de sport à crampons, rangers, livres reliés, posters, téléphones portables et autres appareils connectés, objets tranchants pouvant servir d’armes, produits stupéfiants, cigarettes et médicaments sont également strictement interdits aux parloirs et dans les sacs apportés aux détenus.

Il est aussi strictement interdit, pendant les parloirs, de donner de l’argent au détenu, quelle qu’en soit la forme (liquide, billets, devises). Le seul circuit autorisé est le versement sur le compte nominatif de la personne détenue.

Le tabac est le cas le plus souvent soulevé par les familles. Nous détaillons dans une page dédiée pourquoi on ne peut pas apporter de cigarettes à un détenu et ce qu’il faut faire de son paquet en arrivant à l’établissement.

Qu’advient-il des objets refusés au parloir ?

Les objets simplement non autorisés ne sont pas confisqués. Les surveillants les mettent de côté et vous les restituent à l’issue de la visite, en même temps que votre pièce d’identité. Il en va de même pour les effets apportés en quantité supérieure à celle autorisée par l’établissement.

Objet non autorisé et objet prohibé : deux traitements différents

La distinction est importante, car elle ne produit pas du tout les mêmes conséquences.

Un objet non autorisé est un effet licite en lui-même, mais qui ne respecte pas le règlement intérieur : un pull à capuche, un DVD gravé, un cinquième tee-shirt alors que l’établissement en accepte quatre, un livre à couverture rigide. Il est écarté du sac lors du contrôle, conservé à l’accueil et vous est rendu à la fin du parloir. Aucune suite n’y est donnée.

Un objet prohibé est un objet dont l’introduction en détention constitue une infraction : téléphone, carte SIM, argent liquide, stupéfiants, médicaments, arme ou objet tranchant. Il n’est pas restitué. Sa découverte donne lieu à un signalement, et peut entraîner la suspension ou le retrait du permis de visite, des poursuites pénales pour le visiteur et une sanction disciplinaire pour la personne détenue.

Comment éviter qu’un objet soit écarté du sac ?

Le contrôle porte sur chaque pièce déposée. Pour limiter les refus, demandez la liste de linge de l’établissement à l’accueil des familles ou à l’association qui y intervient, respectez les quantités indiquées, conservez les emballages et les preuves d’achat des produits neufs, et joignez la feuille A4 d’inventaire dans le sac.

Les règles variant d’un établissement à l’autre, consultez la fiche de la prison concernée dans notre annuaire avant votre première visite.

livre parloir
Image de Pauline Couley
Pauline Couley

Pauline met son expérience auprès des familles confrontées à la détention. Au fil de ses échanges avec les familles et de ses recherches sur les procédures pénitentiaires, elle s’est familiarisée avec les démarches généralement accompagnées par les avocats et les professionnels du droit. Chaque texte qu’elle rédige vise à rendre les démarches carcérales plus accessibles et compréhensibles. Profil Linkedin

Questions fréquentes

Si des objets interdits sont détectés dans le sac apporté par un proche de détenu à son attention, les deux parties risquent de sévères sanctions. En effet, selon la gravité des objets qui se trouvent dans le sac, le permis de visite risque d’être retiré. 

Les vêtements qui peuvent être apportés dans un sac à l’occasion d’un parloir sont ceux mentionnés par l’établissement pénitentiaire sur la fiche d’inventaire délivrée aux proches de détenus. Des pantalons, des pulls sans capuche, des survêtements et autres shorts peuvent facilement être transportés en prison. Des chaussures neuves et du linge de toilette peuvent également être glissés dans le sac préparé à l’attention des personnes incarcérées.

Si les établissements pénitentiaires proposent aux détenus une prise en charge du linge sale, ces derniers préfèrent généralement confier la gestion de leurs vêtements à leurs proches. Les membres de la famille des personnes incarcérées qui les visitent chaque semaine peuvent par conséquent récupérer ces effets pour les laver et les restituer au parloir de la semaine suivante.

Aucun objet ne peut être remis de la main à la main pendant le parloir. Le seul circuit autorisé est le dépôt d’un sac cabas à l’accueil des familles avant la visite : les surveillants en contrôlent le contenu, puis le remettent à la personne détenue.

La confusion est fréquente, parce que les deux situations portent le même nom dans le langage courant. Elles n’ont pourtant rien à voir.

Le dépôt de sac est autorisé. Linge propre, vêtements conformes au règlement, livres à couverture souple, revues, photos, dessins d’enfants, DVD et CD neufs sous blister : ces effets transitent par le sac cabas déposé à l’entrée, accompagné de la feuille d’inventaire. C’est la voie normale, et elle couvre l’essentiel de ce qu’une famille souhaite apporter.

La remise directe est interdite. Pendant la visite elle-même, aucun échange d’objet n’est permis entre le visiteur et la personne détenue, y compris pour un effet par ailleurs autorisé dans le sac. Les surveillants peuvent procéder à une palpation de sécurité et au contrôle des effets personnels à l’entrée comme à la sortie.

Certains objets ne passent par aucun de ces deux circuits, quelle que soit la manière dont ils sont présentés : téléphones et accessoires, argent liquide, produits stupéfiants, médicaments et cigarettes. Ils relèvent des objets prohibés, et non des objets simplement non autorisés.

Toute tentative de remise expose :

  • le visiteur, à la suspension ou au retrait du permis de visite, puis à des poursuites pénales sur le fondement de l’article 434-35 du Code pénal ;
  • la personne détenue, à une comparution devant la commission de discipline et aux sanctions qui peuvent en découler.

En cas de doute sur un objet précis, posez la question à l’accueil des familles ou à l’association qui y intervient avant de le glisser dans le sac. Un objet écarté au contrôle vous sera rendu ; un objet prohibé, non.

Les conséquences dépendent de la nature de l’objet. Un effet simplement non conforme au règlement intérieur, comme un pull à capuche ou un DVD gravé, est écarté du sac lors du contrôle et vous est restitué en fin de visite, sans autre suite.

La découverte d’un objet prohibé relève d’une logique différente. Le visiteur s’expose à la suspension ou au retrait de son permis de visite, décidé par le chef d’établissement ou par le magistrat saisi du dossier, ainsi qu’à des poursuites pénales. La personne détenue, de son côté, est convoquée devant la commission de discipline et encourt une sanction pouvant aller jusqu’au placement en cellule disciplinaire, ainsi qu’un refus de réductions de peine par le juge de l’application des peines.

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