Livraisons par drones à la prison de Riom : les surveillants tirent la sonnette d’alarme

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Le centre pénitentiaire de Riom (Puy-de-Dôme) est de nouveau confronté à une recrudescence de livraisons illégales par drones, un phénomène qui inquiète fortement les surveillants pénitentiaires. Téléphones portables, stupéfiants et accessoires interdits continuent d’entrer en détention par voie aérienne, malgré les dispositifs de surveillance existants. Le syndicat FO Justice alerte sur une situation devenue quasi quotidienne et sur un sentiment d’impuissance croissant du personnel face à ces pratiques.

Une nouvelle nuit sous tension au centre pénitentiaire de Riom

Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 janvier 2026, des mouvements inhabituels de drones à proximité d’une cellule ont attiré l’attention des surveillants. Une intervention rapide a permis d’identifier une livraison en cours. La fouille qui a suivi à la prison de Riom a conduit à la découverte de plusieurs téléphones portables, de produits stupéfiants et de câbles, confirmant une nouvelle tentative d’introduction d’objets interdits en détention.

Selon les représentants syndicaux, ce type d’intervention n’est pas sans risque. Les fouilles déclenchées après des livraisons par drones peuvent donner lieu à des tensions importantes, voire à des épisodes de violence. Lors de cet épisode, la situation a dégénéré au point qu’un détenu a été placé en quartier disciplinaire. Ces scènes traduisent la dangerosité croissante des interventions liées aux trafics internes, tant pour les surveillants que pour les personnes détenues.

Drones, téléphones et stupéfiants : un trafic devenu structurel

Une logistique de plus en plus organisée

Les livraisons par drones ne relèvent plus d’initiatives isolées. Elles s’inscrivent désormais dans une logique quasi industrielle, avec des appareils capables de transporter des charges précises et de cibler des fenêtres ou des cours de promenade. Cette méthode contourne les contrôles classiques à l’entrée des établissements et rend la lutte contre l’introduction d’objets illicites particulièrement complexe.

Téléphones portables, cartes SIM, chargeurs, mais aussi drogues sous différentes formes : ce trafic alimente des réseaux internes, favorise l’économie souterraine en détention et contribue à maintenir des liens avec l’extérieur à des fins parfois délictueuses (pressions, menaces, organisation de trafics).

Des saisies importantes en 2025

À Riom, les chiffres témoignent de l’ampleur du phénomène. Sur l’année écoulée, plusieurs centaines de téléphones et des quantités significatives de stupéfiants ont été interceptées au sein de l’établissement. Ces saisies traduisent à la fois la réalité massive du trafic et l’investissement des surveillants pour tenter d’en limiter l’impact, malgré des moyens jugés insuffisants.

Des moyens techniques jugés inadaptés

Le syndicat FO Justice pointe un décalage entre l’ingéniosité des trafiquants et les outils dont disposent les établissements pénitentiaires. Si des détecteurs et systèmes de surveillance existent, ils seraient souvent peu performants face aux drones modernes, capables de voler bas, vite et discrètement.

Résultat : les livraisons sont parfois repérées a posteriori, une fois les colis déjà réceptionnés dans les cellules, ce qui complique les interventions et augmente les risques de confrontation.

Pour les surveillants, le sentiment dominant est celui de “courir après le problème”. Les drones reviennent, parfois plusieurs fois par semaine et les interpellations ponctuelles de pilotes à l’extérieur ne suffisent pas à endiguer durablement le phénomène. Cette lutte asymétrique contribue à une fatigue professionnelle et à un climat de tension permanent au sein de l’établissement.

Tensions, violences et climat carcéral dégradé

Les livraisons par drones ne posent pas seulement un problème de sécurité matérielle. Elles participent à une dégradation globale du climat carcéral. La circulation de drogues favorise les dépendances, les dettes entre détenus et les règlements de comptes. Les téléphones portables, quant à eux, permettent de maintenir des réseaux illicites.

Dans ce contexte, les surveillants sont en première ligne. Interventions nocturnes, fouilles sous tension, gestion de détenus violents ou incontrôlables : ces situations répétées exposent le personnel à un stress important et à un risque accru d’agressions.

Des appels à des mesures plus fortes

Les organisations syndicales réclament un renforcement des dispositifs anti-drones, avec des technologies plus performantes : détection longue portée, brouillage ciblé, sécurisation des zones sensibles. Elles demandent également une meilleure coordination avec les forces de l’ordre pour intervenir en amont, autour des établissements pénitentiaires.

Les livraisons par drones à la prison de Riom illustrent une évolution des formes de trafic en milieu carcéral. Elles montrent aussi les limites d’un système pénitentiaire confronté à la modernisation rapide des outils utilisés par les réseaux criminels.

Source : Francebleu

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Pauline Couley

Pauline met son expérience auprès des familles confrontées à la détention. Au fil de ses échanges avec les familles et de ses recherches sur les procédures pénitentiaires, elle s’est familiarisée avec les démarches généralement accompagnées par les avocats et les professionnels du droit. Chaque texte qu’elle rédige vise à rendre les démarches carcérales plus accessibles et compréhensibles. Profil Linkedin