L'affectation en prison

Lorsqu’une personne est incarcérée, ni elle ni sa famille ne choisissent la prison où elle purgera sa peine. C’est l’administration pénitentiaire qui décide de l’affectation en établissement, selon une procédure encadrée par le Code pénitentiaire. Comprendre cette procédure permet de savoir pourquoi votre proche a été envoyé dans tel établissement et surtout comment tenter d’influencer cette décision, notamment pour obtenir un rapprochement familial.

Affectation en prison

Qu’est-ce que l’affectation en prison ?

L’affectation consiste à déterminer l’établissement pénitentiaire dans lequel une personne détenue est incarcérée. Il faut distinguer deux situations très différentes :

Pour les prévenus (personnes en attente de jugement définitif), il n’y a pas de choix possible : ils sont obligatoirement incarcérés à la maison d’arrêt dont dépend la juridiction chargée de leur affaire, afin de rester à disposition de la justice pendant l’instruction. Pour en savoir plus, consultez notre page sur la détention provisoire.

Pour les condamnés définitifs, une véritable procédure d’orientation est engagée afin de déterminer l’établissement pour peines le plus adapté à leur profil. Les condamnés dont le reliquat de peine est court peuvent toutefois être maintenus en maison d’arrêt.

Dans quel type d’établissement un détenu peut-il être affecté ?

Le choix de l’établissement dépend d’abord de la catégorie de la peine. Le parc pénitentiaire français distingue :

  • Les maisons d’arrêt : elles accueillent les prévenus et les condamnés à de courtes peines ;
  • Les centres de détention : orientés vers la réinsertion sociale, ils reçoivent les condamnés présentant les meilleures perspectives de réinsertion ;
  • Les maisons centrales : dotées d’un régime de sécurité renforcé, elles accueillent les condamnés aux plus longues peines ou considérés comme les plus dangereux ;
  • Les centres de semi-liberté : destinés aux détenus bénéficiant d’un aménagement de peine ;
  • Les centres pénitentiaires : établissements mixtes regroupant plusieurs quartiers (maison d’arrêt, centre de détention…) ;
  • Les établissements pour mineurs (EPM) et quartiers mineurs, réservés aux détenus de 13 à 18 ans.

Pour localiser un établissement et connaître ses coordonnées, consultez notre annuaire des prisons en France.

La procédure d’orientation : comment la décision est-elle prise ?

Avant toute affectation, le chef d’établissement constitue un dossier d’orientation rassemblant les informations nécessaires à la décision. Les critères pris en compte sont notamment :

  • La personnalité du condamné, son âge, son sexe et ses antécédents ;
  • Sa catégorie pénale et la durée de la peine restant à purger ;
  • Son état de santé physique et mentale ;
  • Ses perspectives de réinsertion (travail, formation, projet de sortie) ;
  • Le maintien des liens familiaux, critère essentiel pour les familles ;
  • Sa dangerosité éventuelle (les détenus particulièrement signalés, dits DPS, sont orientés vers des établissements sécurisés).

Le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) formule un avis sur le dossier. Les condamnés aux longues peines passent généralement par le Centre national d’évaluation (CNE), où leur personnalité est évaluée de manière approfondie avant l’affectation définitive.

affectation après un jugement

Qui décide de l’affectation d’un détenu ?

La compétence est partagée selon le profil du condamné :

  • Le directeur interrégional des services pénitentiaires (DISP) décide de l’affectation dans la plupart des cas ;
  • Le ministre de la Justice (via la direction de l’administration pénitentiaire) est seul compétent pour les affectations en maison centrale, pour les condamnés à de très longues peines, pour les personnes condamnées pour terrorisme et pour les détenus particulièrement signalés ;
  • Le chef d’établissement peut recevoir délégation pour affecter les condamnés dont le reliquat de peine est court.

La décision d’affectation doit être motivée en droit et en fait, par référence aux critères qui ont guidé le choix de l’établissement.

Un détenu peut-il choisir ou contester son affectation ?

Le détenu ne choisit pas sa prison, et l’administration n’a pas l’obligation de recueillir son avis (sauf pour les mineurs). Il peut néanmoins peser sur la décision :

  • En exprimant ses souhaits dans le cadre du dossier d’orientation, idéalement par un courrier motivé (rapprochement familial, projet de formation, raisons médicales) ;
  • En se faisant accompagner par son avocat ou son CPIP pour appuyer sa demande ;
  • Une fois affecté, en sollicitant un changement d’affectation : c’est la procédure de demande de transfert, que nous détaillons dans notre guide demander un transfert de prison.

En cas de désaccord, certaines décisions d’affectation peuvent faire l’objet d’un recours, notamment lorsqu’un condamné est renvoyé d’un établissement pour peines vers une maison d’arrêt. L’appui d’un avocat est alors vivement recommandé.

Source : Code pénitentiaire (décret de mars 2022) : critères d’orientation, répartition des compétences, passage par le CNE pour les longues peines.

conseiller prison téléphone

Questions fréquentes sur l'affectation en prison

C’est l’administration pénitentiaire : le directeur interrégional des services pénitentiaires dans la plupart des cas, ou le ministre de la Justice pour les longues peines, les maisons centrales et les profils signalés. Les prévenus, eux, sont automatiquement placés à la maison d’arrêt du ressort de leur juridiction.

Non, mais il peut exprimer ses souhaits lors de la procédure d’orientation, notamment pour un rapprochement familial. L’administration en tient compte parmi d’autres critères, sans être liée par la demande.

L’affectation dépend de nombreux critères (type de peine, places disponibles, profil du détenu) et la surpopulation carcérale limite souvent les possibilités. Un rapprochement peut être demandé via une procédure de changement d’affectation.

Le détenu doit adresser une demande écrite et motivée à la direction de son établissement.

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